Anthony Laurent, création de sites internet

Anthony Laurent

Création de sites internet

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Technique 6 min de lecture

Choisir son hébergement web : ce qui compte vraiment

Entre 3 et 30 € par mois, ce que vous payez vraiment n'est ni l'espace disque ni le trafic.

Pour un site vitrine, un hébergement mutualisé à 5 ou 10 € par mois suffit largement, à condition qu’il propose PHP récent, des sauvegardes automatiques et un support qui répond en français. Le prix n’est pas le bon critère : entre 3 € et 30 € par mois, ce que vous achetez vraiment, c’est du temps de réponse et de l’aide quand ça casse.

Les trois familles d’hébergement

Le mutualisé partage un serveur entre plusieurs centaines de sites. C’est l’option normale pour un site vitrine ou une petite boutique : 60 à 150 € par an, rien à administrer. La limite apparaît quand un autre site du serveur consomme tout, ou quand votre trafic devient important.

Le serveur dédié virtuel vous réserve des ressources. Comptez 15 à 60 € par mois, et surtout des compétences d’administration système : c’est vous qui installez, sécurisez et mettez à jour. Sans ces compétences, un serveur virtuel est moins sûr qu’un mutualisé.

L’hébergement dit géré, spécialisé WordPress, coûte 20 à 50 € par mois et prend en charge les mises à jour, les sauvegardes et le cache. C’est le bon compromis pour une boutique qui tourne, ou pour quelqu’un qui ne veut penser à rien.

Les six critères qui comptent vraiment

Voici ce que je vérifie avant de recommander un hébergeur, dans cet ordre.

La version de PHP disponible. Elle doit être récente et modifiable par vous depuis le panneau. Un hébergeur bloqué sur une vieille version est un hébergeur qui ne suit pas.

Les sauvegardes automatiques, leur fréquence et leur profondeur. Sept jours est un minimum, trente jours est confortable. Vérifiez surtout que la restauration est gratuite : certains la facturent, et c’est le pire moment pour l’apprendre.

Le certificat de sécurité, qui doit être inclus et renouvelé automatiquement. S’il est facturé en supplément, changez d’hébergeur.

Le support : la langue, les horaires et le délai réel. C’est le poste qui justifie l’essentiel de l’écart de prix, et celui qu’on découvre uniquement le jour d’une panne.

La localisation des serveurs. En France ou en Europe pour des raisons de conformité, et parce que la distance joue sur le temps de réponse.

Enfin, l’existence d’un environnement de test intégré. C’est ce qui permet d’essayer une mise à jour avant de l’appliquer en ligne, et c’est la fonction qui évite le plus de pannes.

Ce dont vous n’avez pas besoin

Les pages commerciales des hébergeurs mettent en avant des arguments qui ne vous concernent presque jamais.

L’espace disque illimité : un site vitrine occupe entre 500 Mo et 2 Go. Une offre à 10 Go est déjà surdimensionnée. Cet argument ne sert qu’à masquer l’absence d’autres qualités.

Le trafic illimité, qui n’existe pas. Il y a toujours une limite, écrite dans les conditions générales, et vous serez ralenti bien avant de l’atteindre.

Les adresses e-mail par centaines : vous en utiliserez trois. Et pour un usage professionnel, une messagerie dédiée vaut mieux que celle de l’hébergeur, dont la délivrabilité est souvent médiocre.

Le constructeur de site inclus, que vous n’utiliserez pas si vous travaillez sous WordPress.

Le piège du premier prix

Les offres à 1,50 € par mois existent réellement. Voici ce qu’elles cachent, et je le vois régulièrement en dépannage.

Le tarif affiché est presque toujours une promotion de première année, avec engagement de trois ans. Le renouvellement se fait au prix réel, deux à quatre fois plus élevé, et il est parfois automatique.

Les serveurs sont surchargés, ce qui se traduit par des temps de réponse de plusieurs secondes aux heures de pointe. Or la vitesse d’affichage compte pour votre référencement et pour vos visiteurs.

Le support est lent et souvent en anglais. Sur un site en panne, attendre 48 heures une réponse générique coûte plus cher que trois ans d’écart de tarif.

Mon repère : en dessous de 5 € par mois pour un site professionnel, vous économisez quelques dizaines d’euros par an et vous achetez un risque. Ce n’est pas un bon échange.

Faut-il un hébergement spécialisé WordPress ?

Pas nécessairement, et cette question mérite d’être posée à l’envers.

Un hébergement géré applique les mises à jour à votre place, met en place un cache efficace et surveille les intrusions. C’est confortable, et c’est justifié pour une boutique qui encaisse tous les jours.

Mais attention : les mises à jour automatiques appliquées sans test peuvent casser un site. Certains hébergeurs gérés le font sans filet. Vérifiez qu’un environnement de test est prévu, sinon vous avez simplement délégué le risque.

Pour un site vitrine, un mutualisé correct plus un contrat de maintenance revient souvent moins cher qu’un hébergement géré, et vous avez quelqu’un à appeler qui connaît votre site.

À qui appartient le compte

C’est le point le plus important de cet article, et il n’a rien de technique.

Le compte d’hébergement et le nom de domaine doivent être ouverts à votre nom, avec votre adresse e-mail et votre moyen de paiement. Toujours.

Un prestataire qui héberge votre site sur son propre compte vous rend captif. Le jour où vous voulez partir, il faut négocier, et j’ai vu des entreprises perdre leur nom de domaine parce qu’il appartenait à quelqu’un d’autre. Récupérer une adresse dans ces conditions prend des mois quand c’est possible.

Je mets systématiquement les comptes au nom du client, y compris quand je m’occupe de tout mettre en place. Cela ne me coûte rien et cela vous protège d’un vrai risque.

Comment savoir si votre hébergement est le problème

Quand un site est lent, l’hébergement est accusé en premier. Il est en cause dans peut-être un cas sur trois.

Un test simple permet de trancher. Mesurez votre site avec un outil de performance, puis regardez la valeur du temps de réponse du serveur, souvent appelée TTFB. En dessous de 500 millisecondes, votre hébergement fait son travail : la lenteur vient d’ailleurs, en général d’images non compressées ou d’un empilement d’extensions.

Au-delà d’une seconde de façon constante, l’hébergement est en cause. Testez à plusieurs moments de la journée : une lenteur qui n’apparaît qu’en fin d’après-midi signale un serveur mutualisé saturé.

Autre indice qui ne trompe pas : si l’administration WordPress est lente alors que le site public est rapide, c’est presque toujours le serveur ou la base de données, pas le cache.

Changer d’hébergeur, est-ce risqué ?

Non, à condition de respecter un ordre. On copie le site vers le nouvel hébergeur, on le teste entièrement sur une adresse temporaire, et seulement ensuite on redirige le nom de domaine.

Comptez 24 à 48 heures de propagation pendant lesquelles certains visiteurs arrivent sur l’ancien serveur et d’autres sur le nouveau. C’est normal, ce n’est pas une panne, et il ne faut surtout rien modifier pendant cette période.

Prévenez aussi votre monde. Si vous avez des adresses e-mail chez l’ancien hébergeur, elles migrent avec, et une migration de messagerie mal préparée fait perdre des messages. Sauvegardez les boîtes localement avant de basculer, c’est une précaution de dix minutes.

Le seul vrai risque est de résilier l’ancien hébergement trop tôt. Gardez-le un mois de plus : quinze euros pour une porte de sortie, c’est la meilleure assurance du projet.

Anthony Laurent

Développeur web freelance à Lespinasse, au nord de Toulouse. Je crée et je répare des sites WordPress depuis 2016. Mon parcours.

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